La plateforme de données et la couche sémantique de Lucanet

Publié 12 juin 2026  | 5 min. de lecture
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    Kevin Smith

    Directeur de la technologie, Lucanet

Dans notre dernier article Intelligence inside, j’ai présenté l’Intelligence Core : la couche architecturale de la CFO Solution Platform sur laquelle tous nos agents sont développés, en veillant à ce qu’ils héritent des mêmes normes élevées de qualité, d’observabilité, de contrôle et de sécurité. 

Mais les agents intelligents, à eux seuls, ne sont pas suffisants. Pour diriger une entreprise, les équipes finance et fiscalité ont besoin d’une vue à 360 degrés qui combine les données financières avec les données opérationnelles de l’ensemble de l'entreprise. Aujourd’hui, la plupart des équipes obtiennent cette vue d’ensemble en assemblant des logiciels comptables, des ERP, des CRM, des DMS, des outils de paie, des systèmes RH et des feuilles de calcul, souvent avec, en parallèle, un projet d’entrepôt de données, une fine couche de BI par-dessus et une inquiétude silencieuse quant à savoir si les chiffres du tableau pour la Direction générale vont correspondre à ceux de la consolidation. Les agents rencontrent exactement le même problème. S’ils ne peuvent pas trouver, faire confiance et comprendre vos données, ils ne peuvent pas réaliser un travail pertinent pour vous. 

Dans ce troisième article, je vais présenter la plateforme de données, une autre couche architecturale fondamentale de la CFO Solution Platform, et la couche sémantique qui se trouve au-dessus. Ensemble, elles créent pour nos agents (et pour votre équipe) une source unique de vérité à partir de laquelle raisonner.

Connectez-vous une seule fois, depuis partout  

Depuis plus de 25 ans, la solution de Consolidation & Financial Planning de Lucanet agit comme un entrepôt de données financières pour nos clients. Elle stocke les données financières provenant de chaque système comptable ou ERP qui alimente le groupe, et ce, jusqu’au niveau transactionnel. Dans notre base de clients, une entreprise de taille moyenne à grande commence généralement avec deux ou trois ERP différents, et Lucanet s’impose depuis longtemps comme un moyen rapide d’unifier ces environnements autour d’une source unique de vérité. Cette clarté est l’une des raisons pour lesquelles les CFO choisissent Lucanet dès le départ.

La plateforme de données étend ce concept au-delà des données financières. C’est une source unique de vérité pour le bureau du CFO. Elle rassemble les données financières et opérationnelles des systèmes sources nécessaires à la gestion de l’entreprise. Pour les équipes financières et fiscales, elle supprime le besoin de mettre en place, d’intégrer et d’exploiter un entrepôt de données d’entreprise séparé, avec tous les coûts, la latence et les difficultés de rapprochement qui l’accompagnent généralement.

Sous le capot, la plateforme de données est extensible de manière élastique, passant de quelques gigaoctets à des pétaoctets de données, avec un niveau de durabilité exceptionnel (99,999999999 %), soit le même niveau de durabilité que celui proposé par les leaders du stockage cloud. En clair, le risque de perte de données est pratiquement nul, et la plateforme évolue discrètement avec votre entreprise, sans jamais la contraindre.

Collecter et nettoyer les données, avec une traçabilité solide et défendable

Un entrepôt de données n’est performant que si les pipelines de données qui l’alimentent le sont tout autant. La plateforme de données est soutenue par une vaste bibliothèque de connecteurs ETL standard qui lui permettent de se connecter à pratiquement n’importe quel système source financier ou opérationnel. Si un connecteur n’existe pas encore, nous disposons d’une équipe dédiée qui construit l’intégration requise, généralement en quelques jours plutôt qu’en quelques semaines.

Le pipeline lui-même suit une architecture désormais standard, appelée modèle “médaillon”, structurée en trois niveaux : bronze, argent et or.

  • Bronze : les données sont capturées à l'état brut depuis les systèmes sources, intactes, avec une traçabilité complète depuis l’enregistrement d’origine, voire jusqu’au document PDF de la facture si le DMS est connecté.
  • Argent : les données brutes sont filtrées, nettoyées, dé-dupliquées et enrichies, et les règles de gestion sont appliquées de manière cohérente.
  • Or : les données nettoyées sont agrégées et façonnées pour correspondre aux modèles financiers et opérationnels concrets que l’entreprise utilise pour prendre des décisions. C’est la couche que les équipes financières et fiscales utilisent au quotidien.

 

Chaque couche améliore la qualité des données, et chaque transformation est enregistrée. Au final, c’est ce qui compte le plus pour les équipes finance : pas seulement un chiffre affiché dans un tableau de bord, mais la traçabilité qui l’explique. Les données de la couche or peuvent être retracées à travers les couches argent et bronze jusqu’à l’enregistrement d’origine dans le système source. 

Parce que la plateforme de données alimente toutes les solutions de la CFO Solution Platform, les connecteurs ETL sont mutualisés : une fois une source connectée pour la consolidation, vos cas d’usage ESG, fiscalité et xP&A en bénéficient automatiquement.

 

De la donnée à la compréhension : la couche sémantique

Aussi bien alimenté soit-il, un data warehouse reste une collection de tables, de colonnes, de conventions de nommage et de liaisons. Chaque système source possède son propre schéma et son propre dialecte. Demander à un agent (ou à une personne) d’écrire la bonne requête pour tout cela, à chaque fois, est exactement le type de problème qui, historiquement, ralentit les équipes financières.

C’est le rôle de la couche sémantique. Elle se situe entre les agents et la plateforme de données, et fait ce que votre meilleur analyste fait dans sa tête : traduire les questions métier en requêtes appropriées sur les bonnes données, et renvoyer des réponses claires et contrôlées. « Actifs courants de l'exercice comptable 2026 pour l’entité X » devient une requête précise, exécutée sur les bons tableaux, avec les bons filtres, pour restituer un résultat structuré sur lequel un agent peut raisonner.

Au cœur de la couche sémantique se trouve un graphe de connaissances : une représentation structurée de chaque tableau, colonne, dimension, mesure et relation dans la plateforme de données du client. Chaque client dispose de sa propre instance de couche sémantique, qui s'adapte automatiquement à ses données. Au fur et à mesure que des données sont ajoutées ou modifiées, le graphe est reconstruit à la demande afin de toujours refléter fidèlement la situation actuelle de l’entreprise.

Le graphe de connaissances représente les faits sous forme de triplets simples : sujet, prédicat et objet Dans notre domaine, ces triplets décrivent la structure de l’entreprise et ses données, par exemple :

  • Entité_FR, aParent, Groupe_EMEA
  • Compte_Revenus, appartientÀ, Compte_de_résultat
  • Compte_Revenus, estMesuréEn, EUR
  • Filiale_UK, déclareEn, GBP
  • Centre_de_coût_42, estAffectéÀ, Région_Europe_du_Nord

 

Cette structure permet à la couche sémantique de raisonner sur des relations complexes en parcourant le graphe, plutôt que de s’appuyer sur une logique d’interrogation programmée en dur. Lorsqu’un agent demande « les revenus en Europe du Nord du dernier trimestre », la couche sémantique peut résoudre « Europe du Nord » vers le bon groupe d’entités, « revenus » vers la bonne hiérarchie de comptes, « dernier trimestre » vers la bonne période fiscale, et produire une requête dont la construction est correcte.

 

Comment cela fonctionne concrètement

Prenez une question qu’un CFO pourrait se poser la veille d’une réunion du conseil d’administration :

« Comment notre chiffre d’affaires au Royaume-Uni a-t-il évolué l’an dernier par rapport à l’Allemagne, et qu’en est-il des effectifs commerciaux et du nombre de nouveaux clients dans ces régions ? »

 

Cette seule question concerne les données comptables (chiffre d’affaires), les données opérationnelles (données clients du CRM), les informations sur les effectifs (provenant du SIRH), deux entités, une comparaison annuelle et une vue régionale. Voici comment l’agent et la couche sémantique gèrent cela ensemble :

  1. L’utilisateur pose la question en langage naturel.
  2. L’agent raisonne sur la requête : quels concepts financiers, quels concepts opérationnels, quelles dimensions et quelle période sont concernés.
  3. L’agent envoie une ou plusieurs requêtes de données à la couche sémantique.
  4. La couche sémantique parcourt le graphe de connaissances pour identifier les tableaux, les liens et les dimensions pertinentes dans les ensembles de données financières, RH et opérationnelles.
  5. La résolution des dimensions traduit les termes métier en identifiants concrets (entités juridiques du Royaume-Uni et de l’Allemagne, bon exercice comptable, comptes de revenus, catégorie d’effectifs, définition des métriques clients).
  6. La couche sémantique récupère les données, exécute les requêtes sur la couche or, et renvoie des résultats structurés.
  7. L’agent utilise ces résultats pour répondre à la question à l’aide d’un graphique et d’un récit, et l’Intelligence Core enregistre le cheminement emprunté afin que l’utilisateur puisse voir exactement comment la réponse a été produite.

 

Ce qui prenait auparavant une demi-journée à un business partner, avec un ticket BI et un rapprochement ultérieur, ne prend plus que quelques secondes. L’agent ne devine rien. Il interroge votre entrepôt de données avec les bonnes questions, dans votre propre langage métier.

 

L’intelligence d’un doctorant, mais l’expérience d’un débutant

Pour vous représenter les agents alimentés par des LLM, une analogie est parlante : imaginez recruter un profil avec une intelligence de niveau doctorat, une capacité de raisonnement hors norme et des connaissances couvrant de nombreux domaines, mais que c'est son tout premier jour dans l’entreprise. Cette personne ne sait rien de votre structure de consolidation spécifique, de votre plan comptable, de vos accords intra-groupes, de vos délais de reporting, ni des dizaines de petites conventions que vos équipes financières et fiscales ont mises en place au fil des ans. L’intelligence brute est nécessaire, mais à elle seule, elle est loin d’être suffisante.

L’Intelligence Core et la plateforme de données sont conçus pour combler cette lacune. Lorsqu’un agent opère au sein de la plateforme, il ne s’appuie pas uniquement sur les connaissances générales intégrées dans le LLM. Au contraire, l’Intelligence Core fournit à l’agent un accès structuré au contexte dont il a besoin : vos règles de consolidation, votre structure de groupe, votre logique de cartographie, vos données historiques, et les métadonnées qui décrivent comment votre environnement spécifique est configuré. L’agent raisonne avec toute la capacité du modèle sous-jacent, mais il raisonne sur vos données, en s’appuyant sur votre réalité plutôt que sur des généralités.

Un nouvel employé s’améliore avec le temps car il apprend progressivement le contexte spécifique à votre organisation. Il apprend qu’une élimination intra-groupe particulière nécessite un traitement spécial, qu’un centre de coûts spécifique suit une affectation non-standard, ou que le dossier de reporting du groupe comporte une nuance concernant la conversion des devises pour une filiale récemment acquise. 

Lorsque nos agents ont besoin d’informations supplémentaires pour accomplir une tâche, ils vous posent des questions, par exemple « quand commence votre période de reporting ? ». Ils demandent également si vous souhaitez qu’ils « se souviennent » d’un fait ou d’une information spécifique pour une utilisation future. Et où sont stockées ces informations ? Dans la plateforme de données, aux côté du reste de vos données. Au fil du temps, vos connaissances institutionnelles s’accumulent. Plus votre équipe travaille avec nos agents, plus ces agents deviennent compétents en matière de spécificités de votre entreprise. Ils sont conçus pour cela.

 

Mes données sont-elles en sécurité ?

La cybersécurité est une discipline qui évolue rapidement, et l’arrivée des LLM a encore accéléré cette évolution. La CFO Solution Platform a été conçue en tenant compte de cette réalité, avec plusieurs couches de protection, des capacités modernes de détection et de réponse, et un niveau de sécurité surveillé en continu.

La CFO Solution Platform est déployée dans cinq régions géographiques, chacune entièrement isolée. Lorsqu’un nouveau client arrive, il choisit dans quelle région géographique ses données seront hébergées. Chaque région est divisée en ce que nous appelons des “tenant pools” : des groupes de clients entièrement isolés les uns des autres. Au sein d’un pool de tenants, chaque client individuel est fortement isolé, ce qui lui interdit d’accéder aux données d’un autre. Les données sont chiffrées en transit et au repos. C’est ce que nous appelons notre modèle d’isolation renforcée. Atteindre ce niveau d’isolation a exigé un investissement considérable dans l’infrastructure de notre plateforme principale, et nous sommes convaincus qu’il s’agit de l’un des investissements les plus stratégiques que nous ayons réalisés. 

La plateforme de données hérite de ce modèle d’isolation renforcée. Vos données brutes, vos données nettoyées, votre couche or, votre graphe de connaissances et la mémoire de l’agent se trouvent toutes à l’intérieur de votre tenant, chiffrées, isolées et protégées.

Quelques caractéristiques de la plateforme de données qui méritent d’être soulignées :

  • Autorisation par défaut : un agent ne pourra voir que les données auxquelles son utilisateur est autorisé à accéder. Les utilisateurs ne peuvent pas utiliser les agents pour élever leur propre niveau d’accès. Les droits d’accès basés sur les rôles, issus de votre fournisseur d’identité existant, se propagent à travers la Data Platform jusqu’à la couche sémantique.
  • Minimisation des données à la frontière du LLM : lorsqu’un agent utilise un LLM pour raisonner, nous ne lui transmettons que les données absolument nécessaires. Nous utilisons des LLM hébergés dans la même région que votre tenant, et, conformément à nos accords d’entreprise avec les fournisseurs de modèles, les requêtes et les réponses ne sont ni conservées ni utilisées pour entraîner les modèles.

 

Afin de rester rigoureux et de nous assurer de ne rien laisser de côté, nous investissons en continu pour obtenir les certifications les plus pertinentes et répondre aux plus hauts standards de conformité. Ces normes incluent SOC 1, SOC 2, ISO 27001, ISO 27017 et ISO 27018. Nous travaillons également à l’obtention de la certification ISO 42001 (la norme internationale pour les systèmes de gestion de l’IA) et de la BSI C5 (la référence du gouvernement allemand pour la sécurité du cloud), qui devraient nous être accordées d’ici l’été 2026. Au-delà des certifications, nous nous alignons activement sur la loi européenne sur l’IA, la NIS2 et sur la prochaine loi sur la cyberrésilience. Et pour nos clients opérant dans des environnements réglementés par la DORA, notre plateforme est conçue pour soutenir leurs exigences de résilience opérationnelle. La sécurité est l’un des aspects déterminants dans la manière de construire notre plateforme de données.

 

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    Kevin Smith

    Directeur de la technologie, Lucanet

    Après une formation d’ingénieur de premier et de deuxième cycle, Kevin a travaillé comme ingénieur logiciel chez IBM, puis chez Microsoft. Chez Microsoft, il a occupé le poste d’ingénieur logiciel et responsable technique à Redmond, WA, où il a livré plusieurs logiciels et obtenu six brevets de conception logicielle pour son travail. Il a ensuite passé dix ans à créer des plateformes de commerce de produits dérivés pour de grandes banques d’investissement, avant d’occuper le poste de directeur de la technologie chez Fastmarkets, puis de directeur de la technologie du portefeuille de Hg Capital.

    Kevin est expérimenté dans la conception de plateformes SaaS internationales complètes, ainsi que dans la transformation de logiciels sur site en SaaS. Il possède par ailleurs une vaste expérience dans la constitution et le développement d’équipes d’ingénierie hautement performantes, déployées sur site et à proximité. En tant que directeur de la technologie de Lucanet, Kevin est responsable des technologies, de l’ingénierie, des produits et de l’informatique.

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