Raison 1 : Orientation ciblée vers les marchés financiers
Si un groupe envisage de recourir au marché financiers, l'application des IFRS dans le reporting est souvent requise par les pays. C'est notamment le cas des sociétés mères établies dans l'UE qui souhaitent accéder au marché européen des capitaux et qui doivent établir leurs états financiers consolidés conformément aux normes IFRS.
La situation est similaire lorsqu’une société mère basée en France cherche à s’introduire à la Bourse de New York (NYSE). Pour obtenir l’approbation, il pourrait préparer ses états financiers consolidés conformément aux normes US GAAP ou IFRS. Puisque l’entreprise est basée en France et n’utilise pas le marché des capitaux de l’UE, elle peut choisir entre les GAAP français et les IFRS.
Cependant, des états financiers consolidés établis selon les US GAAP nécessiteraient la préparation d'états financiers supplémentaires conformes aux French GAAP ou aux normes IFRS. Mais comme une entreprise peut obtenir une cotation en bourse aux États-Unis avec des états financiers établis selon les normes IFRS, les IFRS s'avèrent généralement plus pratiques et économiquement viables.
Raison 2 : États financiers des sous-groupes
Si une société mère établissait jusqu'à présent son reporting selon le droit national et qu'elle est rachetée par un groupe appliquant déjà les normes IFRS, des ajustements deviennent nécessaires.
La société acquise devra désormais fournir des données compatibles aux IFRS pour que la nouvelle société mère puisse établir ses états financiers consolidés conformément à ces normes.
Si l'entreprise acquise doit encore continuer à préparer ses propres états financiers consolidés (même en partie) et qu'aucune exemption ne s'applique, il peut être utile de convertir également ces informations en IFRS. Cela évite les doubles traitements et facilite la réconciliation entre les états financiers–du sous-groupe et ceux de l'ensemble du groupe.
Raison 3 : Vente d'actions prévue
Lorsqu'un groupe envisage une mise en vente ou une cession d'actions, la transition aux normes IFRS peut constituer un avantage stratégique. L'analyse dépend du profil de l'acquéreur potentiel :
- les investisseurs privés, notamment nationaux, n'ont généralement pas de préférence marquée pour un référentiel comptable.
- En revanche, les investisseurs institutionnels ou internationaux attendent souvent des états financiers IFRS afin de faciliter la comparaison avec d'autres entreprises.
- Si l'entité acquéreuse prépare ses propres états financiers conformément à la législation nationale, elle préférera généralement qu'ils soient rédigés de la même manière, sauf si elle utilise également les normes IFRS dans ses états financiers consolidés.
La transition aux normes IFRS peut offrir des chiffres clés plus transparents et permettre une évaluation plus réaliste de l'entreprise. Toutefois, si la vente prévue constitue l'unique motivation, les coûts de transition doivent être examinés avec attention.
Raison 4 : Harmonisation de la comptabilité interne et externe
Dans de nombreux domaines, les règles IFRS conduisent à des évaluations plus proches des conditions de marché que les normes comptables nationales – notamment dans les pays de l’UE, en raison du principe de prudence qui y prévaut.
En voici quelques exemples :
- Évaluation à la juste valeur des instruments financiers ou des investissements immobiliers
- Actualisation des provisions à long terme au taux d'intérêt en vigueur à la date de clôture
- Amortissements davantage alignés sur l'utilisation réelle
- Interdiction de la méthode LIFO (Last In, First Out) pour évaluer les stocks
Cette approche orientée marché peut inciter les entreprises à utiliser les données IFRS en interne pour la planification, le pilotage et le contrôle de gestion.
Cela aboutit à une base de données unifiée pour le reporting interne et externe, avec des synergies claires et des informations plus cohérentes à l'échelle de l'ensemble du groupe.
Les filiales qui sont entièrement incluses dans les états financiers consolidés doivent préparer leurs packages de reporting conformément à la loi qui s'applique également aux états financiers consolidés.
Si le groupe est majoritairement composé d'entités nationales, un reporting selon le droit local peut être pertinent.
La situation est différente si le groupe comprend de nombreuses filiales étrangères, voire une majorité de filiales étrangères, ou s'il prévoit de s'étendre à l'étranger à l'avenir. Dans de tels cas, la comptabilité IFRS peut s'avérer plus judicieuse, notamment si les normes IFRS sont déjà obligatoires ou largement utilisées dans les pays concernés, comme les États-Unis, la Chine ou l'Inde.
La gestion interne du groupe en bénéficie également : une évaluation davantage orientée marché conformément aux normes IFRS (voir point 4) élimine souvent la nécessité de variables imputées supplémentaires.
Raison 6 : Comparabilité internationale
De nombreuses entreprises, y compris non cotées, opèrent à l'échelle mondiale sur des marchés internationaux d'approvisionnement et de vente, en collaboration avec des partenaires de différents pays.
Les états financiers consolidés IFRS facilitent la communication dans ces relations : partenaires commerciaux, investisseurs et banques peuvent plus facilement comprendre les chiffres et les comparer avec ceux d’autres entreprises.
Cela renforce non seulement la transparence externe, mais aussi la confiance dans la qualité des informations financières.
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